Juste une vie ordinaire
     

Juste une vie ordinaire

Je photographie depuis plusieurs années des personnes en situation de handicap. Que cette entrave soit visible ou invisible, datant de leur naissance ou survenue au cours de leur existence, touchant leur corps ou leur esprit…
Ce qui me marque à chaque fois, c’est l’énergie avec laquelle chacun se démène pour vivre le plus normalement possible. Leur aspiration la plus folle : avoir une vie ordinaire. Avoir un toit, un travail si possible, mais surtout des relations et des échanges, avec ceux qui les accompagnent et les soignent, ceux qui les entourent ou les croisent, ceux qui les aiment ou qu'ils aiment.
La société devient peu à peu plus accessible, plus inclusive : le respect et l’attention envers les personnes en situation de handicap progressent, même s’il y a encore des efforts à faire. L’enjeu est d’apprendre à les traiter avec bienveillance mais sans pitié, sans les surprotéger ni les infantiliser, que ce soit pour leurs proches, pour les personnels soignants ou sociaux qui les accompagnent, pour moi photographe, pour chaque citoyen…

Loire-Atlantique, 2015-2020.
Adrien Bourrigaud, 25 ans, étudiant en alternance en génie climatique atteint de la maladie ‟des os de verre‟, en chemin entre son lieu de travail et son logement.

Adrien Bourrigaud, 25 ans, vit seul dans une chambre ‟accessible‟ d'une résidence universitaire du CROUS.

Adrien Bourrigaud vit sa vie étudiante comme une libération : son travail à temps partiel et son logement universitaire lui apportent une autonomie contrastant avec la sur-protection de ses années lycéennes.

Rachel Le Meur, 23 ans et atteinte de spina bifida depuis sa naissance, s'est installée en HLM à Saint-Luce (44) dans son propre appartement ‟accessible‟, rejointe par son petit ami.

Le rêve le plus fou de Rachel Le Meur, 23 ans, atteinte de spina bifida : pouvoir quitter son fauteuil roulant pour marcher en escarpins à talons.


Rachel Le Meur, 23 ans et son petit ami Kevin son tous les deux atteints de spina bifida à différents degrés. Installés ensemble, ils imaginent une vie de famille.

Rachel Le Meur, 23 ans, rend souvent visite à sa mère qui habite non loin de l'appartement HLM où elle s'est installée de façon autonome. Rachel lui demande parfois de l'aide pour ses démarches administratives, en parallèle de celui du SAVS (service d'accompagnement à la vie sociale) qu'elle fréquente.


En situation de handicap mental, Pierre, 37 ans, et Sandrine, 23 ans, se sont rencontrés dans le Foyer le Cèdre situé à Sablé-sur-Sarthe (72). Dans cette résidence gérée par l'Apei Sablé-Solesme, deux studios peuvent être reliés par une porte pour permettre à deux résidents de vivre librement leur vie intime de couple.


Thibault Müller, habite seul malgré les troubles autistiques qui ont perturbé son adolescence et son autonomie. Il a aussi passé son permis de conduire et trouvé un travail dans les espaces verts après une formation en apprentissage.

Ludovic, 40 ans, aimerait bien ‟vivre une aventure avec quelqu'un‟. Dans le foyer d’hébergement de l’Apei Sablé-Solesmes, situé à Sablé-sur-Sarthe (72) dont il est l'un des résidents en situation de handicap mental, la question de la vie affective et sexuelle n’est pas un tabou mais un axe fort de l’accompagnement quotidien des professionnels.

Romain, atteints de sévères troubles autistiques, habite la semaine dans un foyer spécialisé et rentre chaque week-end chez lui pour partager la vie de sa famille.

Julien, 27 ans, reconnu travailleur handicapé, est agent de service hospitalier dans une maison de retraite situé au nord de la Loire-Atlantique, grâce à l'accompagnement d'une structure spécialisée dans l'insertion professionnelle des personnes porteuses de troubles psychiques.

Jean-Charles Olivier, 39 ans, est amputé depuis un accident de moto. Il est cariste dans les entrepôts vendéens de Fleury Michon grâce à un monte charge à commande uniquement manuelle, conçu spécialement pour lui et financé par l'Agefiph.

Delphine Devys, 38 ans, souffre d’une sclérose en plaque depuis qu’elle est âgée d’une vingtaine d’années. Ancienne acheteuse en import export, elle est aujourd’hui devenue enseignante en marketing dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur de Nantes.


Marie-Noël, dans la cuisine du restaurant le Reflet à Nantes avec la cheffe Farida. Dans cet établissement ‟extra-ordinaire‟, tous les serveurs et aide-cuisine sont porteurs de la trisomie 21.

Caroline Asseray, malentendante de naissance, se prépare dans les vestiaires de Briogel. Dans cette entreprise vendéenne produisant des pains et brioches congelés, et très handi-accueillante, une éducatrice spécialisé parlant la langue des signe a été employé pour favoriser l'insertion des travailleurs en situation de handicap.

Adeline Pineau, 30 ans, travaille entre la salle et les cuisines du Mac Donalds de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (44). Elle bénéficie du soutien de Passerelle pour l'Emploi, un service de l'Adapei 44 agissant pour l'insertion en milieu ordinaire de personnes souffrant de handicap mental ou psychique.

Thierry Musso, travailleur en situation de déficience mentale, travaille depuis plusieurs années en CDI à la SFCMM, entreprise de Saint-Herblain (44) spécialisée dans la découpe, le cintrage et le façonnage de tubes en métal. Il y a trouvé sa place a place et son rythme grâce à l'accompagnement renforcé des conseillers en insertion de de Passerelle pour l'emploi, dispositif de l'Adapei 44 en faveur de l'insertion en milieu ordinaire de travailleurs handicapés souvent venus d'esat.

Première matinée d'accueil provisoire dans une unité de l'Adapei 44 pour Léandre, 8 ans et demi, partiellement scolarisé en milieu ordinaire et qui attend une place en IME (institut médico-psychologique). D'après l'observatoire départemental du handicap, environ 1800 enfants et adultes sont actuellement sans solution en Loire-Atlantique, où la démographie est forte et le manque de places en établissements inquiétant.

L'accompagnante d'élève en situation de handicap (AESH) Lucy Pelaut-Cabanes, aide Guénolé, en inclusion dans une classe du collège Anita Conti, à Saint-Nazaire (44).

Caroline Boudet et sa fille Louise, 5 ans, un mercredi après-midi aprés l'école dans leur maison de Saint-Sébastien-sur-Loire (44)). Caroline Boudet - journaliste de formation - vient de publier le livre ‟L'effet Louise‟ dans lequel elle raconte la délicate insertion en milieu scolaire de sa fille atteinte de Trisomie 21. Dans un précédent opus intitulé ‟La vie réserve des surprises‟, elle avait raconté la découverte du handicap de sa fille à sa naissance.

Sous l'œil bienveillant de ses parents, Nathan, 9 ans, discute avec une éducatrice de l'unité d'enseignement externalisée élémentaire (U3E) ouverte par l'Adapei de Loire Atlantique dans l'école primaire Gustave Roch de Nantes. Dans le cadre d'une stratégie volontariste en faveur de l'école inclusive, l'Adapei de Loire-Atlantique transforme son offre en direction des enfants avec déficience mentale et troubles associés, en ouvrant progressivement des UEE en inclusion dans les écoles et collèges, tout en sanctuarisant des places dans les instituts-médicaux psychologique (IME) pour les enfants aux handicaps les plus complexes.

Un enfant attend le taxi qui va venir le chercher, en ce premier jour d'accueil à l'unité d'enseignement externalisée élémentaire (U3E) ouverte par l'Adapei de Loire Atlantique dans l'école primaire Gustave Roch de Nantes.

Pause tendresse entre un éducateur et deux enfants accueillis, en ce premier jour à l'unité d'enseignement externalisée élémentaire (U3E) ouverte par l'Adapei de Loire Atlantique dans l'école primaire Gustave Roch de Nantes, pour offrir une inclusion partielle à des enfants avec déficience mentale et troubles associés.

Après deux mois confinés dans leur famille, des jeunes font leur retour à l'institut éducatif moteur (IEM) La Clarté de l'APF-France handicap, situé à Redon (35). Ils retrouvent des professionnels désormais en blouses et masques et doivent apprendre à respecter les gestes barrières dans un contexte collectif.

Rencontre entre un chien guide et Jonathan, interne à l'institut éducatif moteur (IEM) La Clarté de l'APF-France handicap à Redon (35).

Pour Swane, coquine et avide de contacts, difficile de respecter une distanciation sociale avec cette accompagnante médico-psychologique de l'institut éducatif moteur (IEM) La Clarté de l'APF-France handicap à Redon. Après deux mois de confinement dans leurs familles, ces jeunes en situation de handicap doivent apprendre à respecter les gestes barrières dans un contexte collectif.

Swane, en promenade autour de de l'institut éducatif moteur (IEM) La Clarté de l'APF-France handicap à Redon (35), où elle est interne.